EXPOSITION ACTUELLE

"La chirurgie dans la seconde moitié du XIX siècle"

Avec le développement des techniques anesthésiques et l' introduction de l'antisepsie et l' asepsie, cette période historique est un moment fondamental dans le développement des techniques et dans le progrès des interventions chirurgicales. Bien que tous les pays européens aient activement pris part à cette nouvelle étape, les pays germaniques ont eu un rôle primordial. Vers la fin du siècle, le chirurgien le plus innovateur a été Albert Billroth, qui a effectué à Vienne les premières opérations importantes du pharynx, larynx et estomac. À son habilité médicale, s'ajoutaient son honnêteté et sa sincerité quant à la information sur les résultats obtenus, et un talent pédagogique remarquable. Son Traité Général de Pathologie et Thérapeutique Chirurgicale a été édité onze fois, et ses éleves ont occupé les chaires les plus prestigieuses de toute l' Europe.

            Caisse de Chirurgie pour Anus, Hernie et Phimosis.1872                Caisse offerte par le roi Alfonso XII au Dr. Cabello y Bruller

En Angleterre, Víctor Horsley commence à intervenir sur le cerveau et la moelle épinière, tandis qu' aux États Unis Reginald Fitz contribue à éclaircir la nature de l'appendicite, et Marion Sims, un des fondateurs de la gynécologie moderne, ouvre la vésicule biliaire. Il n' y a pratiquement pas d'organe ou région du corps (exception faite de la chirurgie cardiaque, presque pas essayée) où il n' y ait pas eu de grands progrès. Il faut aussi mentionner deux autres avancées techniques qui ont contribué à améliorer la qualité des diagnostics et les résultats chirurgicaux: l' introduction par Ruge de la méthode de coupe par congélation, permettant ainsi un examen anatomopathologique ex temporane, et la découverte révolutionnaire faite par Roentgen des rayons X, qui s' est avérée spécialement utile pour l' amélioration de la chirurgie orthopédique et traumatologique. Dans notre pays, cette période historique a correspondu à l'époque appelé "Organisation Nationale". Les gouvernements successifs de souche libérale - avec l'empreinte de la pensée positiviste en vigueur à ce moment-là - essayent d'encourager les avances scientifiques et technologiques qui ont lieu avec une rapidité vertigineuse en Europe et en Amérique du Nord. Certains faits arrivés pendant la présidence de Domingo Faustino Sarmiento illustrent clairement ce processus. Durant l'année 1872, on fonde la Société Scientifique Argentine, et en 1873, l' Académie de Sciences de Córdoba (transformée en nationale dans 1878), dirigée et réglementée à ses débuts par le savant allemand Carlos Burmeister, zoologiste et paléontologue mondialement reconnu. On crée aussi dans la ville de Córdoba l' Observatoire Astronomique Argentin , dont l'organisation et la direction ont été confiées à l' astronome américain Benjamin Gould. Cet Observatoire a fourni au monde de l' information et la connaissance sur le ciel austral, connaissances jusqu'à alors très pauvres. Les médecins aussi participent à cette étape de fondation. L'hygiéniste Guillermo Rawson est désigné Ministre de l' Intérieur du gouvernement du Président Bartolomé Mitre, qui précède celui de Sarmiento. À còté de ses travaux pionniers sur l' hygiène publique, il montre un intérêt remarquable pour l'extension du système ferroviaire dans le territoire national, symbole des soucis progressistes. Le docteur Eduardo Wilde a été un autre médecin important, auteur et politicien, intellectuel qui est un exemple de ce qu'on a appelé "Génération du '80", et président du Département d' Hygiène dans 1898. Dans ce contexte, des fameux chirurgiens argentins voyagent en Europe pour perfectionner leurs techniques et connaissances, en apprenant avidement les nouveautés qui révolutionnent la pratique chirurgicale. Ainsi, Ignacio Pirovano, avec l'appui du gouvernement de Buenos Aires, arrive à Paris dans 1873: il assiste aux premiers cathétérismes cardiaques que Claude Bernard effectue sur des chiens, et aux cours de Louis Pasteur, parmi d' autres activités médicales et chirurgicales. À Londres il apprend plus sur l'antisepsie de Joseph Lister grâce à Sir William Ferguson, le grand chirurgien du King's College. À son retour en l'Argentine, il sera le promoteur résolu des nouvelles pratiques, ainsi que du développement des études histopatologiques et de la chirurgie infantile.

Quelques instruments de Pirovano

Juan B. Justo et Nicolás Repetto suivront plus tard le mème chemin, plus spécialement en Suisse et en Allemagne; le premier introduisit l'asepsie chirurgicale en prononçant une conférence célèbre dans le "Círculo Médico Argentino" en août 1889. La conférence s'appelait "État actuel de la chirurgie", et Justo en a profité pour parler aussi des avances dans l' exploration chirurgicale de l'abdomen et du système nerveux, des progrès qu'il mis lui-même en pratique. Repetto, pour sa part, decrira dans ses mémoires l'acquisition de son propre appareil de stérilisation dans la maison Lautenschläger, à Berlin.

          Autoclave du Dr. Juan B. Justo                    Quelques instruments de la Dra. Grierson, c. 1900

Finalement, la dernière partie du siècle voit apparaître la première femme médecin argentine, la renommée Cecilia Grierson, fondateur (quand elle était encore une étudiante) de la première École d' infirmeries, et postérieurement, de l'Association Obstétrique Nationale. Le musée "Vicente A. Risolía" garde ce trésor et exhibe une grande partie des instruments qui ont été utilisés par tous ces véritables pionniers de la médecine nationale.

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